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L'Elfe qui devint Homme est un roman de Fantasy, déposé à la Société des Gens de Lettre sous le n° 2007.08.0008. Texte original, inédit, propriété entière et exclusive de son auteur.

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« Pourquoi ne les avons-nous pas sentis ? demandai-je.
- Parce qu’ils n’ont pas d’âme. Parce qu’ils sont d’une race inconnue. Souviens-toi de l’attaque des Orques : j’ai pu les approcher sans qu’ils se méfient, ils ne connaissaient pas mon odeur et ne me prenaient pas pour un Homme. C’est un peu la même chose ici. Nous devons apprendre à les reconnaître. Concentre-toi. »

Je fermai les yeux et laissai mes sens s’épanouir autour de moi. Je perçus Kev, les arbres, les oiseaux… et au milieu de tout ce brouhaha, comme une trace, un parfum, celui des Elfes du nord défunts, mais qui rayonnaient encore un peu de leur ancienne aura. Cela avait quelque chose de désagréable, méphitique, leur essence était pervertie, gauchie. Ils n’étaient décidément pas naturels. Je frissonnai malgré moi. Kev, qui frôlait la périphérie de mon esprit, sentit que j’avais réussi et m’envoya une pensée d’encouragement.

« Il n’y a rien que tu doives savoir que tu ne puisses trouver toi-même, désormais, petit d’Homme. »

Il avait raison. Je ne parvenais pas à théoriser ce que je ressentais, mais c’était comme si tout ce qui existait était un immense livre d’images, qu’on pouvait comprendre sans les mots. Je sentais la réalité physique comme une vibration autour de nous, qui pouvait se plier à notre volonté. Je sentis la nature profonde du vivant, et, attiré comme un insecte par la flamme d’une lanterne, me laissai happer par le Fleuve de Vie, et quittai brutalement mon corps.

Je fis alors l’expérience titanesque d’une Présence, dont on trouvait la trace dans toute son Œuvre. Chaude, attirante, bienfaisante, je désirais bien plus que tout au monde me fondre en elle, disparaître pour mieux fusionner. Une présence importune me rejoignit, contre laquelle je luttai de toutes mes forces. Je ne désirais point que l’on me ramenât à mon existence passée; là où j’étais, il n’y avait plus de douleur, plus de larmes, même plus de désir : j’étais comblé.
Par Kevelian - Publié dans : L'Homme qui devint Elfe
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