R o m a n s e t n o u v e l l e s d e F a n t a
sy
La guerrière fit mine de m’abattre son gourdin sur la tête, les traits crispés de rage, mais je la figeai le bras en l’air, sans qu’elle puisse, ni par sa force physique exceptionnelle, ni par la magie qu’elle possédait, y changer quoi que ce soit. Après quelques secondes, je la relâchai. Toute la foule était en émoi, elle avait vu comme un rayon exploser à la surface de mon aura tandis que, de ce qui était pour moi une légère pichenette, je neutralisais la force colossale de leur plus dangereuse guerrière. Comme disait Kev parfois, ‘les Elfes sont butés, mais pas trop cons’. Tous comprirent d’instinct que je disais vrai, et un vent léger de crainte les parcourut, alors que quelques instants auparavant ils nous considéraient mon frère et moi comme d’étranges animaux sauvages. Seule Xan restait de marbre, elle savait que nous étions obligés de jouer cette comédie. Elle-même ne pouvait pas parler pour nous, endosser sans l’avis du conseil la responsabilité de nous écouter, même et surtout parce que Kev était son Promis. Une reine devait condamner à l’exil son propre conjoint s’il le fallait, le devoir de sa charge primait sur tous les liens de cœur et de sang. Elle restait donc extraordinairement calme et neutre, assise en face de nous à l’opposé du cercle de sièges que nous tangeantions.
Je dis :
« Il est une autre chose que vous devez savoir, O Elfes, je ne viens pas ici en tant que simple individu, je suis Elian, Roi héritier du trône des Hommes, et même si ma race est affligée par une occupation cruelle, je demeure un monarque, et Kev à mon côté est mon proche conseiller, et dans nos lois à nous il est comme mon égal. Réfléchissez bien à la façon dont vous nous accueillez. D’elle dépendront la paix ou la guerre entre nos races. »
Un silence épais tomba sur la clairière.
« Tu serais plus facile à croire, pensa Kev, si tu n’étais pas habillé d’un pagne et coiffé comme un chardon.
- La pudeur n’est pas de mise ici, pensai-je, quant au peigne, je ne pense pas que ton peuple l’ait déjà inventé, vu la difficulté que tu as à t’en servir !
- Deux points pour toi. Ah, Xan va parler. »